Pauline Portugal nous parle de Summer Blue…

Son premier court à peine sorti, Pauline nous livre son témoignage…

1/- Pauline, peux-tu nous parler de la génèse de Summer Blue?

Summer Blue  est né de mon envie très forte de réaliser et de la nécessité de me confronter à la réalité d’un tournage. Comme pour être bien sûre que c’était vraiment ce que j’avais envie de faire. Etant aussi comédienne de formation j’étais très excitée à l’idée de jouer dans le film. Très vite mon envie de filmer la maison familiale dans laquelle j’ai passé beaucoup d’étés enfant s’est imposée. Je voulais raconter l’histoire de deux soeurs qui passeraient leurs derniers instants dans la maison familiale avant la vente de celle-ci et l’arrivée des futurs propriétaires.

2/- Comment as-tu accompagné les comédiens et notamment Victor , également ancien élève du cours ?

La petite fille qui joue le rôle de la petite soeur n’est pas actrice, c’est ma cousine, elle n’a jamais suivi de cours de théâtre et c’est ce qui m’intéressait. Je voulais avant tout capter sa personnalité qui m’a toujours beaucoup émue dans “la vraie vie”, davantage que de lui demander de “jouer”. L’équipe technique étant imposante (25 techniciens) le plus compliqué a été de lui faire oublier la caméra au maximum afin qu’elle soit la plus naturelle possible. Sa rencontre et sa bonne entente avec Matthieu, le chef opérateur, et le reste de l’équipe image, a été déterminante. En ce qui concerne Victor, je l’avais rencontré à l’école Peyran Lacroix; j’ai écris le rôle de Yohan en pensant à lui, je souhaitais le filmer de manière assez plastique, une sorte d’objet à la fois de désir et de répulsion du personnage de Sacha. Il fallait donc quelqu’un qui puisse raconter quelque chose sans parler, dans ses silences, ses yeux, son corps, et Victor a été bluffant dans cet exercice. Nous n’avons presque pas répété et préféré tourner les scènes de manière spontanée. Les prises qui ont été conservées au montage sont presque tout le temps les premières à avoir été tournées.

3/- Comment trouve-t’on ses marques quand on réalise ?

Étant à la fois devant et derrière la caméra, j’ai dû travailler en totale confiance avec l’équipe technique. Nous ne nous connaissions pas avant le tournage et nous n’avions que 5 jours pour faire le film, il était donc important que la mayonnaise prenne tout de suite ! Et ce fût le cas immédiatement. Passée pour moi l’émotion de voir tout ce monde déployé pour m’aider à réaliser le film que j’avais en tête, l’instant présent a pris le pas sur tout. C’est comme s’il me suffisait d’être là, sans me soucier de ce qui venait de se passer ou d’anticiper ce qui allait arriver. Le rôle de chacun est déterminant, et j’ai eu la chance d’être entourée de techniciens super qui partageaient la même vision du film. Une conseillère artistique veillait à la cohérence du film et était mes yeux lorsque j’étais devant la caméra. Matthieu, le chef opérateur, a été un complice de travail à tous les moments et son expérience à été des plus enrichissantes pour moi.

4/- Tu as suivi une formation au Cours Peyran lacroix ; comment définirais-tu l’ADN de l’école ?

Ma formation au Cours Peyran Lacroix m’accompagne encore à beaucoup d’égards. Non seulement j’y ai tissé des amitiés et des affinités de travail très fortes avec certains, mais la formation a été pour moi l’occasion d’aiguiser mon désir de jouer et de réaliser. Je crois que c’est Philippe qui insuffle à l’école cette chose si particulière, il en fait un endroit où la confiance mutuelle nous permet de tout essayer, sans jugement. J’y ai appris la rigueur et la joie immense de pouvoir travailler avec acharnement mais sans douleur. J’ai eu le sentiment de pouvoir cultiver ce que j’étais réellement, sans avoir besoin de rentrer dans des cases, et c’est rare!

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