Margaux DELAFON – “PROCHE”

Le 9 juin 2019 à La Pépinière Théâtre

Margaux, tu vas mettre en scène les étudiants de premières années cette saison, quel texte as tu choisi de leur proposer ?

Ce que je voulais avant tout, c’était de partir des élèves, qui ont la vingtaine, et découvrir comment ils se situent par rapport à ces trois thématiques : Le désir, l’amour, le genre.

Comme provocation de départ, j’ai proposé un texte de Françoise Héritier, « La valence différentielle des sexes » qui n’est pas un texte théâtral mais un texte ethnologique. Cela a suscité de vives réactions suivies d’échanges que j’ai retravaillés pour en faire un matériau textuel.

Nous avons ensuite sélectionné des scènes issues des répertoires classiques et  contemporains ; ainsi que des poèmes et des textes brûlants.

L’intérêt était d’avoir des textes très différents et qui n’ont pas le même langage :

Michel Butor, Molière, William Shakespeare, Xavier Dolan, Falk Richter, Virginia Woolf, Chimamanda-Ngozi-Adichie, Louis Ferdinand Céline, Georg Buchner, Marie-Victoire Louis, Françoise Héritier, Margaux Delafon.

 

Peux tu nous parler de ton approche de mise en scène avec les premières années ?

A partir de là, mon travail de metteuse en scène a été de mettre en présence ces matériaux disparates, a priori. De les confronter au plateau en tentant d’en capter les surgissements et les résonances. Quels espaces scéniques ils suscitent, quels espaces émotionnels ils provoquent ?

Ce que je cherche à développer chez eux, c’est leur imaginaire, leur souplesse de jeu et qu’ils arrivent à devenir force de proposition. C’est très important pour des comédiens.

Souvent ils ont tendance à s’enfermer en eux – ce qui est normal pour des premières années – et se coupent de leurs partenaires, de l’espace proposé et de la situation et restent enfermés en eux. Alors que c’est l’autre qui me donne du jeu.

D’où la nécessité de faire surgir « un grand oui » car c’est ce « oui » de départ qui permet le chemin de création.

Leur faire vivre un processus de création du début à la représentation leur permet de comprendre que le vide du début est normal, et qu’il faut s’en servir et ne pas en avoir peur.

 

(La pièces “Proche” sera jouée au Théâtre La Pépinière le 9 juin 2019)

 

 

 

 

 

 

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