Interview des Frères Verdier

Alors que Marta est actuellement en compétition au Festival du Film Court de Villeurbanne…

…après avoir remporté le prix du meilleur court-métrage au SESIFF 2019 de Séoul et participé au 20e Festival Off-Courts de Trouville, nous avons posé quelques questions à Benoît et Julien  Verdier, afin qu’ils témoignent de leur passion commune. Bonne lecture à tous 🙂

 

-Benoit et Julien , est-ce que vous pouvez nous parler de la genèse de Marta?
C’est un moment que nous avons vécu, une interview d’une prostituée que nous devions faire dans le cadre d’un film de communication pour les Equipes d’Actions Contre le Proxénétisme (EACP). Elle nous a raconté son parcours, cela nous a bouleversés. Au fur et à mesure de nos rencontres avec les membres de l’association, nous avons découvert un univers que nous ne connaissions pas. Le personnage de Marta est né de toutes ces rencontres, il est devenu évident que nous devions en faire un film.

-Le travail avec la comédienne est d’une grande précision ; comment l’avez-vous accompagnée pour obtenir ce résultat ?
Cela a commencé dès le casting, quand nous avons demandé aux comédiennes que nous avons reçues de ramener et de parler d’un objet précieux pour elle, un objet qu’on allait pendant l’audition leur enlever. Nous cherchions le coeur de Marta.

Pour créer le personnage, Machita Daly nous a accompagnés lors de procès, elle s’est beaucoup documentée sur le sujet avec les informations que nous avions récupérées auparavant. En parallèle, nous avons fait 6 répétitions dans lesquelles nous avons exploré plusieurs aspects du personnage : son corps, sa diction, son comportement, son regard, son point de vue, sa vision du monde. Un gros travail a de plus été effectué sur les traumatismes et la psychologie de Marta.

-Vous êtes frères et vous montez des projets ensemble. Comment trouve-t’on ses marques quand on travaille en famille ?
Cette question qui nous revient souvent et sur laquelle il nous est difficile de répondre trouve peut-être une réponse dans une évidence inter-générationnelle.

Nous avons des compétences complémentaires mais un même point de vue. Et cela nous permet de rebondir assez rapidement sur les idées. Plus précisément encore, pendant le tournage de Marta, Julien était à l’image et Benoît était avec la comédienne. Malgré tout, nous échangions en permanence à chaque prise.

-Vous intégrez l’équipe pédagogique du Cours Peyran Lacroix cette année sur les ateliers caméra .Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ce que vous allez proposer aux jeunes comédiens de l’école ?
En tant que réalisateurs, nous sommes toujours très attachés au jeu d’acteur. Nous souhaitons travailler avec les étudiants comme nous le faisons avec nos acteurs, en conservant la précision et l’exigence que nous avons sur les tournages. Nous voulons qu’ils jouent, qu’ils soient constamment en action, en éveil, que leur esprit et leur corps soit entièrement présents.

Plus concrètement, nous allons travailler sur des scènes variées, avec différentes couleurs, en solo ou en duo afin que les élèves puissent éprouver toute la palette de leur expression.

-Vous avez fait un bout de route au Cours Peyran Lacroix  ; est-ce que vous pouvez partager avec nous ce que vous définirez comme l’ADN de l école ?
C’est une école qui pousse à rendre responsable chaque élève, professionnellement et artistiquement. Chacun est amené à chercher la sincérité dans son jeu, notamment grâce à la technique Meisner. Par la suite, la porte reste toujours ouverte pour des échanges et même pour participer à des ateliers, on est bien accueilli à chaque fois. Et c’est toujours un plaisir de rencontrer ou retrouver des membres de cette famille !

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